CHARLOT, ACTE III, SCÈNE III
Voudrait-on me priver do ses derniers adieux?
l'intendant.
Elle s'est évadée, elle est loin de ces lieux.
GUILLOT
Quoi ! ta mère est complice ?
BABET
Il me met en colère.
Quand t u voudras parler, ne dis mot, pour bien faire.
CHARLOT
Elle ne veut plus voir un fils infortuné, Indigne de sa mère et bientôt condamné. Mais que je plains, hélas ! mon auguste maîtresse ; Et que je plains Julie ! elle avait la tendresse De monsieur le marquis ; et mes funestes coups Privent l'une d'un fils, et l'autre d'un époux. Non, je ne veux plus voir ce château respectable, Où l'on daigna m'aimer, où je fus si coupable.
(A l'intendant.) Vous, monsieur, si jamais dans leur triste maison, Après cet attentat, vous prononcez mon nom, J'ose vous conjurer de bien dire à madame Qu'elle a toujours régné jusqu'au fond de mon âme, Que j'aurais prodigué mon sang pour la servir, Que j'ai, pour la venger, demandé de mourir : Daignez en dire autant à la noble Julie. Hélas ! dans la maison mon enfance nourrie Me laissait peu prévoir tant d'horribles malheurs. Vous tous qui m'écoutez, pardonnez-moi mes pleurs, Ils ne sont pas pour moi... la source en est plus Adieu... Conduisez-moi. [belle...
l'intendant.
Que cette fin cruelle, Que ce jour malheureux doit bien se déplorer !
GUILLOT
Tout pleure, je ne sais s'il faut aussi pleurer. Qu'on aime ce Chariot ! Chariot plaît,quoi qu'il fasse. On n'en ferait pas tant pour moi.
BABET, à ceux qui emmènent Chariot.
Messieurs, de grâce, Nel'enlevezdoncpas...suivons-leaumoinsdesyeux.
GUILLOT
Allons, suivons aussi, car on est curieux.