‹ Théâtre completChapitre 141 sur 1720 · ÉRIPHYLE, ACTE I, SCENE IV · texte numérisé non relu

ÉRIPHYLE, ACTE I, SCENE IV

Race des demi-dieux, issu du sang d'Alcide, Sous l'appât d'un amour si tendre, si flatteur, Des plus noirs sentiments cachai la profondeur? On lui promit ma main: ce cœur faible cl sincère, Dans ses rapides vœux soumis aux lois d'un père, Trompé par son devoir et trop tôt enflamme, Brûla pour un barbare indigne d'être aimé : Et quand sous d'autres lois il fallut me contraindre, Mes feux trop allumés ne pouvaient plus s'éteindre. Amphiaraûs en vain me demanda ma foi Et l'empire d'un cœur qui n'était plus à moi. L'amour qui m'aveuglait.... ah! quelle erreur m'a- L'amour aux attentats doit-il servir d'excuse? [buse! Objet de mes remords, objet de ma pitié, Demi-dieu dont je fus la coupable moitié, Je portai dans tes bras une ardeur étrangère; J'écoutai le cruel qui m'avait trop su plaire. Il répandit sur nous et sur notre union La discorde, la haine et la confusion.

Cette soif de régner, dont il brûlait dans l'âme, De son coupable amour empoisonnait la flamme : Je vis le coup affreux qu'il allait te porter Et je n'osai lever le bras pour l'arrêter. Ma faiblesse a conduit les coups du parricide ! C'est moi qui t'immolai par la main d'Hermogide. Venge-toi, mais du moins songe avec quelle horreur J'ai reçu l'ennemi qui fut mon séducteur. Je m'abhorre moi-même et je me rends justice : Je t'ai déjà vengé; mon crime est mon supplice.

ZÉLONIDE.

N'écarterez- vous point ce cruel souvenir? Des fureurs d'un barbare ardente à vous punir, N'effacerez-vous point cette image si noire? Ce meurtre est ignoré; perdez-en la mémoire.

ÉRIPHYLE

Tu vois trop que les dieux ne l'ont point oublié. 0 sang de mon époux! comment t'ai-je expié? Ainsi donc j'ai comblé mon crime et ma misère. J'eus autrefois les noms et d'épouse et de mère, Zôlonide! Ah! grands dieux! que m'avait fait mon zélonide. [fils?

Le destin le comptait parmi vos ennemis. Le ciel que vous craignez vous protège et vous aime. Il vous fit voir ce fils armé contre vous-même; Par un secret oracle il vous dit que sa main....

ÉRIPHYLE

Que n'a-t-il pu remplir son horrible destin ! Que ne m'a-t-il ôté cette vie odieuse!

ZÉLONIDE.

Vivez, régnez, madame.

ÉRIPHYLE

Eh! pour qui, malheureuse?

Mes jours, mes tristes jours, de 1 rouble environnés, Consumés dans les pleurs, de crainte empoisonnés, D'un malheur tout nouveau renaissantes victimes, Étaient-ils d'un tel prix? valaient-ils tant de crimes? Je l'arrachai pleuranl de mes bras maternels: J'abandonnai son sort au plus vil des mortels.

J'ôte à mon fils son trône, à mon époux la vie; Mais ma seule faiblesse a fait ma barbarie,

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