‹ Théâtre completChapitre 1417 sur 1720 · NINON, M. GARANT · texte numérisé non relu

NINON, M. GARANT

M. GARANT

Avec chagrin Je vois que ce jeune homme a pris un mauvais train ,

De mauvais sentiments une allure mauvaise.

Je crains que, s'il était un jour trop à son aise... Il ne se confirmât dans le mal...

NINON

Mais vraiment Vous me touchez le cœur par un soin si prudent.

M. GARANT

11 est fort libertin : une trop grande aisance

Trop d'argent dans les mains, trop d'or, trop d'opu- Donnc aux vices du cœur trop de facilité, [lence...

NINON

On ne peut parler mieux; mais trop de pauvreté Dans des dangers plus grands peut plonger la jeunes- Je ne voudrais pour lui pauvreté ni richesse, [se : Point d'excès ; mais son bien lui doit appartenir.

M. GARANT

D'accord, c'est à cela que je veux parvenir.

Et son frère?

M. GARANT

Ah! pour lui, ce sont d'autres affaires, Vous avez des bontés qu'il ne mérite guèrcs.

NINON

Comment donc?...

M. GARANT

Vous avez acheté sous son nom, Quand son père vivait, votre propre maison.

NINON

Oui

M. GARANT

Vous avez mal fait.

NINON

C'était un avantage Que son père lui fit.

M. GARANT

Mais cela n'est pas sage :

Nous y remédierons; je vous en parlerai : J'ai d'honnêtes desseins que je vous confierai... Vous êtes belle encore.

NINON

Ah!

Vous savez le monde...

NINON

Ah! monsieur!

H. GARANT

Vous avez la science profonde Des secrètes façons dont on peut se pousser, Être considéré, s'intriguer, s'avancer; Vous êtes éclairée, avisée, et discrète.

NINON

Et surtout patiente.

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