ACTE III, SCÈNE II
De notre cher savant le sale cabinet;
Tenonsla chambre propre : allons, lanuit approche.
LISETTE
Bon ! ce monsieur Garant a ia clef dans sa poche.
PICARD
Diable! il est donc déjà maître de la maison; Et ce grand mariage est donc fait tout de bon?
LISETTE
Ne te l'ai-je pas dit? Madame, avec mystère, A dit à son cocher: « Cocher, chez le notaire. » Ils sont allés signer.
PICARD
Oui, je comprends très-bien Que l'affaire est conclue, et je n'en savais rien.
LISETTE
Un excellent souper, qu'un grand traiteur apprête, Ce soir de ces beaux nœuds doit célébrer la fête ; Les amis du logis y sont tous invités.
PICARD
Tant mieux; nous danserons : plaisir de tous côtés. Mais que va devenir notre aîné de Gourville ? Il était si posé, si sage, si tranquille, Lui-même se servant, n'exigeant rien de nous; Fort dévot, cependant d'un naturel très-doux. Où donc est-il allé?
LISETTE
C'est chez notre voisine, Comme lui très-pieuse, et de Garant cousine; On m'a dit qu'il y dîne avec quelques docteurs.
Oh ! c'est un grand savant; il lit tous les auteurs.