SCÈNE VII
LE COMTE
Franchement, je suis assez heureux. Né sans fortune, je suis devenu riche sans industrie; inconnu dans Paris, il m'a été très-aisé d'être grand seigneur; toutlemondel'acru,etjele crois à la fin moi-même plus que personne. J'ai épousé une belle femme (ad honores), j'ai le noble plaisir de la mépriser; à peine manqué-je un peu d'argent, que voilà une femme de la première volée, titrée sans doute, qui me prête mille louis d'or, et qui ne veut être payée que par un rendez-vous I Oh ! oui ! madame, vous serez payée; je vous attends chez moi tout le jour; et, pour la première fois de ma vie, je passerai mon après-dînée sans sortir. Holà ! hé ! page, écoutez. Page, qu'on ne laisse entrer chez moi qu'une dame qui viendra avec la petite Fanchon.