SCÈNE VIII
M. DU CAP-VERT, heurtant à la porte; LE COMTE, L'ÉTRIER, LE PAGE.
LE COMTE
Voici apparemment cette dame de qualité à qui j "ai tourné la tête.
LE PAGE, allant à la porte.
Est-ce vous, mademoiselle Fanchon ?
M. DU CAP-VERT, poussant la porte en dedans.
Eh! ouvrez, ventrebleu ! voici une rade bien difficile : il y a une heure que je parcours ce bâtiment sans pouvoir trouver le patron. Où est donc le président et la présidente ? et où est Fanchon ?
LE PAGE
Tout cela est allé promener bourgeoisement en famille. Mais, mon ami, on n'entre point ainsi dans cet appartement : dénichez.
M. DU CAP-VERT
Petit mousse, je te ferai donner la cale.
LE COMTE, d'un ton nonchalant.
Qu'est-ce que c'est que ça? mais qu'est-ce que c'est que ça? Mes gens ! holà ! hé ! mes gens ! Mons de l'Étrier ! qu'on fasse un peu sortir cet homme-là de chez moi; qu'on lui dise un peu qui je suis, où il est, et qu'on lui apprenne un peu à vivre.
H. DU CAP- VERT
Comment ! qu'on me dise qui vous êtes ! et n'êtes-vous pas assez grand pour le dire vousmême, jeune muguet? Qu'on me dise un peu où je suis ! je crois, ma foi, être dans la boutique d'un parfumeur ; je suis empuanti d'odeur de fleur d'orange.
l'étrier.
Mons, mons, doucement : vous êtes ici chez un seigneur qui a bien voulu épouser la fille aînée du président Boclin.
M. DU CAP-VERT
C'est bien de l'honneur pour lui; voilà un plaisant margajat! Eh bien ! monsieur, puisque vous êtes le gendre de...
l'étrier.
Appelez-le monseigneur, s'il vous plaît.
M. DU CAP-VERT
Lui ! monseigneur? je pense que vous êtes fou, mon drôle : j'aimerais autant appeler galion une chaloupe, ou donner le nom d'esturgeon à une sole. Écoutez, gendre du président, j'ai à vous avertir. . .
LE COMTE
Arrêtez, arrêtez ; l'ami, êtes-vous gentilhomme?
M. DU CAP-VERT
Non, ventrebleu ! je ne suis point gentilhomme ; je suis honnête homme, brave homme, bon homme. LE COMTE, toujours d'un air important.
Eh bien donc, je ne prendrai pas la peine de