LE COMTE DE BOURSOUFLE, ACTE II, SCÈNE V
sez-vous que j'irais donner à mademoiselle Thérèse un petit mari haut comme ma jambe, et tel qu'on en voit plus d'un à la cour et à la ville?
LE BARON
Amène-t-il un grand équipage? Aurons-nous bien de l'embarras?
MARAUDIN.
Au contraire; M. le comte hait l'éclat et le faste. Il a voulu venir avec moi incognito. Ne croyez pas qu'il soit venu dans son équipage ni en chaise de poste.
LE BARON
Tant mieux ; tous ces vains équipages ruinent et sentent la mollesse. Nos pères allaient à cheval, et jamais les seigneurs de laCochonnière n'ont eu de carrosse.
MARAUDIN.
Ni votre gendre non plus. Ne vous attendez pas à lui voir de ces parures frivoles, de ces étoffes superbes, de ces bijoux à la mode.
LE BARON
Un buffle, corbleu ! un buffle, voilà ce qu'il faut en temps de guerre. Mon gendre me charme par le récit que vous m'en faites.
MARAUDIN.
Oui, un buffle; il en trouvera ici. Il sera encore plus content de vous que vous de lui. Le voici qui s'avance.