‹ Théâtre completChapitre 1515 sur 1720 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

THÉRÈSE, Madame BARBE.

THÉRÈSE

Eh bien! qu'est-ce? Brailleras-tu toujours après moi, éternelle duègne, et faut-il que je sois pendue à ta ceinture? Je suis lasse d'être traitée en petite fille, et je sauterai les murs au premier jour.

madame barbe.

Eh! la, la, apaisez-vous, je n'ai pas de si méchantes nouvelles à vous apprendre, et on ne voulait pas vous traiter en petite fille; on voulait vous parler d'un mari ; mais puisque vous êtes toujours bourrue...

THÉRÈSE

Aga avec votre mari ! Ces contes bleus-là me fatiguent les oreilles, entendez-vous, madame Barbe? Je crois aux maris comme aux sorciers; j'en entends toujours parler et je n'en vois jamais. Il y a deux ans qu'on se moque de moi, mais je sais bien ce que je ferai : je me marierai bien sans vous tous tant que vous êtes. On n'est pas une sotte, quoiqu'on soit élevée loin de Paris, et Thérèse ne sera pas toujours en prison; c'est moi qui vous le dis, madame Barbe.

madame barbe.

Tudieu! comme vous y allez! Eh bien! puisque je suis si mal reçue, adieu donc; vous apprendra qui voudra les nouvelles du logis. (En pleurant.) Cela est bien dénaturé de traiter ainsi madame Barbe, qui vous a élevée.

THÉRÈSE

Va, va, ne pleure point, je te demande pardon. Qu'est-ce que tu me disais d'un mari?

MADAME BARBE

Rien, rien ; je suis une duègne, je suis une im* portune, vous ne saurez rien.

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