LE BARON, LE CHEVALIER, THÉRÈSE, MARAUDIN
LE RARON.
Vous me voyez fort embarrasse.
MARAUDIN.
Et nous aussi, monsieur.
LE BARON
Ce diable d'homme, tout fripon qu'il est, a je ne sais quoi d'un honnête homme.
MARAUDIN.
Oui, tous les fripons ont cet air-là.
LE BARON
Il jure toujours qu'il est le comte de Boursoufle.
MARAUDIN.
Il faut bien lui passer de jurer un peu dans l'état où il est.
LE RARON.
Il a vingt lettres sur lui toutes à l'adresse du comte.
MARAUDIN.
C'est lui qui les a écrites.
LE BARON
En voici une qu'il prétend que vous lui avez donnée pour moi.
MARAUDIN.
Elle est contrefaite.
LE BARON
Il est tout cousu d'or et de bijoux.
MARAUDIN.
Il les a volés.
LE BARON
Ses domestiques sont autour du château et protestent qu'ils vengeront leur maître.
MARAUDIN.
Ne voyez-vous pas qu'il est le chef d'une bande de bohémiens?
LE BARON
Oui, vous avez raison; je me suis d'abord aperçu que ce n'est point un homme de qualité, car il n'a rien de mon air ni de mes façons.
LE CHEVALIER
Il est vrai.
LE RARON.
Je veux vous le confronter pour qu'il soit jugé, selon les lois du royaume, par M. le bailli que j'attends, et j'ai donné ordre [qu'on nous amène le coupable.
LE CHEVALIER
Vous voulez absolument que je parle à cet homme-là ?
LE BARON
Assurément.
LE CHEVALIER
Je ne veux point me compromettre avec un homme comme lui.
THÉRÈSE ramène le chevalier en scène.
Vous avez raison, monsieur le comte; qu'avonsnous à faire avec cet homme-là? Allons-nous-en plutôt dans ma chambre et arrangeons tout pour notre départ.
MARAUDIN.
Ma foi, je ne me soucie pas trop non plus de lui parler, et vous permettrez..:.
( lis veulent tous s'en aller : le baron les retient.)