LE COMTE DE BOURSOUFLE, ACTE III, SCÈNE V
gneur en sortant do ce maudit château. Qu'est-ce que je vois, mon Dion ! Eh ! c'est M. Maraudin.
LE BARON
D'où peut»il savoir votre nom?
MARAUDIN.
Ces gens-là connaissent tout le monde.
LE COMTE
Monsieur Maraudin, tout ceci est un peu singulier; foi de seigneur, vous êtes un fripon.
MARAUDIN, ou baron.
Je vous avais hien dit qu'il connaît tout le monde; je me souviens, en effet, de l'avoir vu quelque part.
LE COMTE, apercevant le chevalier.
Ah! Chonchon, est-ce vous qui me jouez ce tour-là?
THÉRÈSE, au chevalier.
Monsieur le comte, avec quelle insolence il vous parle !
Monsieur le baron, je vous l'ai déjà dit, je ne veux pas me compromettre avec cet homme-là; il me fait rougir.
LE COMTE
Monsieur le baron, je commence à croire que tout ceci n'est qu'un malentendu qu'il m'est aisé d'éclaircir; laissez-moi parler seulement deux minutes tète à tète à ce jeune et honnête gentilhomme.
LE BARON
Ah ! il commence enfin à avouer; la peur de la
justice le presse. Rentrons. [Au chevalier.) Écoutez
sa déposition, je l'abandonne à votre miséricorde.
(Les yens du baron se retirent, et le chevalier reste seul
avec le comte toujours garrotté.)