SCÈNE III
ÉRIPHYLE, ALCMËON, POLÉMON, choeur d'argiens.
ÉRIPHYLE
Où suis-je? de quels traits le cruel m'a frappée! Mon fils ne serait plus! Dieux! m'auriez-vous trom- (A Polémon.) [pée?
Et vous que j'ai chargé de rechercher son sort...
POLÉMON
On l'ignore en ce temple, et sans doute il est mort.
ALCMÉON
Reine, c'est trop souffrir qu'un monstre vous ou- Confondez son orgueil et punissez sa rage, [trage. Tous vos guerriers sont prêts, permettez que mon ériphyle. [bras...
Es-tu lasse, Fortune? Est-ce assez d'attentats ? Àh ! trop malheureux fils, et toi, cendre sacrée, Gendre de mon époux de vengeance altérée, Mânes sanglants, faut-il que votre meurtrier Règne sur votre tombe et soit votre héritier? Le temps, le péril presse, il faut donner l'empire. Un dieu dans ce moment, un dieu parle et m'ins- Je cède; je ne puis, dans ce jour de terreur, [pire. Résister à la voix qui s'explique à mon cœur. C'est vous, maître des rois et de la destinée, C'est vous qui me forcez à ce grand hyménée. Alcméon, si mon fils est tombé sous ses coups... Seigneur... vengez mon fils, et le trône est à vous.
ALCMÉON
Grande reine, est-ce à moi que ces honneurs insiériphyle. [gnes...
Ah ! quels rois dans la Grèce en seraient aussi dignes ? Us n'ont que des aïeux, vous avez des vertus. Ils sont rois, mais c'est vous qui les avez vaincus. C'est vous que le ciel nomme, et qui m'allez défendre :
C'est vous qui de mon fils allez venger la cendre. Peuple, voilà ce roi si longtemps attendu, Qui seul vous a fait vaincre et seul vous était dû, Le vainqueur de deux rois, prédit par les dieux
[même.
Qu'il soit digne à jamais de ce saint diadème! Que je retrouve en lui les biens qu'on m'a ravis, Votre appui, votre roi, mon époux, et mon fils!