‹ Théâtre completChapitre 1579 sur 1720 · ZÉLIDE, TANIS, PHANOR · texte numérisé non relu

ZÉLIDE, TANIS, PHANOR

PHANOR

Zélide, inhumaine, cruelle !

C'est ainsi que je suis trahi !

J'avais tout fait pour vous : l'amour m'en a puni : Sous les lois d'un pasteur un vil amour vous range ! Ah! si vous ne craignez, dans vos indignes fers, Les reproches de l'univers, Craignez au moins que je me venge.

TANIS

Vous venger ! et de qui ?

ZÉLIDE

Calmez ce vain courroux :

Je ne crains l'univers ni vous.

Je dois avouer que je l'aime.

Prétendez-vous forcer un cœur

Qui ne dépend que de lui-même?

Êtes-vous mon tyran plus que mon défenseur ? Pardonnez à l'Amour, il règne avec caprice; Il enchaîne à son choix

Les. cœurs des bergers et des rois.

Un berger tel que lui n'a rien dont je rougisse.

PHANOR

Ah ! je rougis pour vous de votre aveuglement : Mais frémissez du tourment qui m'accable; Vous avez fait du plus fidèle amant L'ennemi le plus implacable.

L'asile où l'on trahit ma foi Ne vous défendra pas de ma rage inflexible. Nous verrons si l'amant dont vous suivez la loi

Paraîtra toujours invincible, Comme il le fut toujours en combattant sous moi.

TANIS

Vous pouvez l'éprouver, et dès ce moment même;

Quel plus beau champ pour la valeur?

Il est doux de combattre aux yeux de ce qu'on aime :

Ne différez pas mon bonheur.

PHANOR

C'en est trop, et mon bras...

ZÉLIDE, l'arrêtant.

Barbare que vous êtes, Percez plutôt ce cœur plein de trouble et d'ennui.

TANIS

Vous daignez arrêter ses fureurs indiscrètes Moins par crainte pour moi que par pitié pour lui.

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