‹ Théâtre completChapitre 1586 sur 1720 · TANIS ET LE CHOEUR · texte numérisé non relu

TANIS ET LE CHOEUR

Ciel ! quels maux nous annoncez-vous ?

CLÉOFIS.

Des soldats de Memphis, et ton rival jaloux... Ceux qui n'auraient osé combattre contre nous...

TANIS

Lh bien ?

CLÉOFIS.

Ils ont trahi notre simple innocence; Ils t'enlèvent Zélide !

TANIS

O fureur ! ô vengeance !

LE CHOEUR

Us l'enlèvent, ô dieux !

TANIS

Courons, amis, punissons cet outrage.

CLÉOFIS.

Sur un vaisseau caché près du rivage

Ils ont fendu les flots impétueux.

Sur la foi des serments nous demeurions tranquilles: C'est la première fois qu'ils ont été trahis

Dans le sein de ces doux asiles.

L^lle invoquait les dieux, elle appelait Tanis :

Nous ne répondions à ses cris

Que par des sanglots inutiles.

tanis. [dits !

Grands dieux! voilà les maux que vous m'aviez prèle les verrai, ces murs malheureux et coupables, Ces implacables dieux, ces mages inhumains,

Ces mages affreux dont les mains

Versent le sang des misérables.

Amis, c'est là qu'il faut mourir.

On ne peut vous dompter; on ose vous trahir.

Détruisons cette ville impie.

Amis, c'est à votre valeur

De punir cette perfidie;

Amis, c'est à votre valeur

De servir ma juste fureur.

LE CHOEUR

Nous allons tous chercher la mort ou la vengeance ; Nous marchons sous son étendard.

CLÉOFIS.

Vengeons l'Amour, vengeons l'Innocence; Mais craignons d'arriver trop tard.

Il faut franchir ce mont inaccessible, Et Memphis à nos yeux est un autre univers.

TANIS

L'Amour ne voit rien d'impossible;

Tous les chemins lui sont ouverts :

Il traverse la terre et l'onde;

Il pénètre au sein des enfers;

Il franchit les bornes du monde :

Croyez-en les transports de mon cœur outragé; .Memphis me verra mort, ou me verra vengé.

Que vois-jc? quel heureux présage!

Xos dieux tournent sur moi les plus tendres regards.

Dieux, dont la bonté m'encourage, Je suis l'Amour et vous, tout m'anime, je pars.

Page 1