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SCÈNE III

Le duc de FOIX, DON MORILLO.

MORILLO

On ne partira point, et j'y suis résolu.

LE DUC DE FOIX

Le sang m'unit à vous, et c'est une vertu D'aider dansleurs desseins desparents qu'on révère.

MORILLO

La nièce est mon vrai fait, quoique un peu froide La tante sera ton affaire ; [et fière ;

Et nous serons tous deux contents.

Que me conseilles-tu ?

D'être aimable, de plaire.

MORILLO

Fais-moi plaire.

LA PRINCESSE DE NAVARRE, ACTE I, SCÈNE IV

LE DUC DE FOIX

Il y faut mille soins complaisants, Les plus profonds respects, des fêtes, et du temps.

MORILLO

J'ai très-peu de respect; le temps est long; les fêtes

Coûtent beaucoup, et ne sont jamais prêtes; C'est de l'argent perdu.

LE DUC DE FOIX

L'argent fut inventé Pour payer, si l'on peut, l'agréable et rutile. Eh! jamais le plaisir fut-il trop acheté ?

MORILLO

Comment t'y prendras-tu?

LE DUC DE FOIX

La chose est très-facile.

Laissez-moi partager les frais.

Il vient de venir ici près

Quelques comédiens de France, Des troubadours experts dans la haute science, Dans le premier des arts, le grand art du plaisir :

Us ne sont pas dignes peut-être Des adorables yeux qui les verront paraître ; Mais ils savent beaucoup, s'ils savent réjouir.

MORILLO

Réjouissons-nous donc.

LE DUC DE FOIX

Oui, mais avec mystère.

MORILLO

Avec mystère, avec fracas, Sers-moi comme tu voudras ; Je trouve tout fort bon quand j'ai l'amour en tête.

Prépare ta petite fête; De mes menus plaisirs je te fais l'intendant. Je veux subjuguer la friponne, Avec son air important, Et je vais pour danser ajuster ma personne.

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