SCÈNE y
MOHILLO, SANCHETTE, GUILLOT.
GUILLOT, tOUt CSSOUj]ks.
Au secours, au secours ! ah ! quelle étrange aubade !
MORILLO
Quoi donc?
SANCHETTE
Qu'a-t-il donc fait ?
GUILLOT
Dans ces jardins là-bas....
MORILLO
Eh bien ?
GUILLOT
Cet Alamir et ce monsieur l'alcade, Les gens d' Alamir, des soldats, Ayant du fer partout, en tète, au dos, aux bras, L'étrangère enlevée au milieu des gendarmes, Et Je brave Alamir tout brillant sous les armes,
LA PRINCESSE DE NAVARRE, ACTE II, SCÈNE Vil.
Qui la reprend soudain, et fait tomber à bas, Tout alentour de lui, nez, mentons, jambes, bras,
Et la belle étrangère en larmes, Des chevaux renversés, et des maîtres dessous, Et des valets dessus, des jambes fracassées, Des vainqueurs, des fuyards, des cris, du sang, des Des lances à la fois et des tètes cassées, [coups, Et la tante, et ma femme, et ma fille avec moi ; C'est horrible à penser, je suis tout mort d'effroi.
SANCHETTE
Eh! n'est-il point blessé?
GUILLOT
C'est lui qui blesse et tue ; C'est un héros, un diable.
MORILLO
Ah! quelle étrange issue !
Quel maudit Alamir! quel enragé! quel fou! S'attaquer à son maître et hasarder son cou, Et le mien, qui pis est! Ah! le maudit esclandre! Qu'allons-nous devenir? Le plus grand châtiment Sera le digne fruit de cet emportement; Et moi bien sot aussi de vouloir entreprendre De retenir chez moi cette fière beauté;
Voilà ce qu'il m'en a coûté.
Assemblons nos parents; allons chez votre mère, Et tâchons d'assoupir cette effroyable affaire.
SANCHETTE, en s'en allant.
Ali! Guillol! prends bien soin de ce jeune officier; Il a tort, en effet, mais il est bien aimable; Il est si brave !