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SCÈNE IV

CONSTANCE, LÉONOR

A quels maux différents tous mes jours sont livrés ! Léonor, connais-tu ma peine et mon outrage?

LÉONOR

Je supportais, madame, avec tranquillité Les persécutions, le couvent, le voyage;

J'essuyais même avec gaieté

Ces infortunes de passage :

Vous me faites enfin connaître la douleur; Tout le reste n'est rien près des peines du cœur :

Le vrai malheur est son ouvrage.

constance, Je suis accoutumée à dompter le malheur.

léonor.

Ainsi par vos bontés sa parente l'épouse :

Il méritait d'autres appas.

constance.

Si j'étais son égale, hélas !

Que mon âme serait jalouse !

Oublions Alamir, ses vertus, ses attraits,

Ce qu'il est, ce qu'il devrait être, Tout ce qui de mon cœur s'est presque rendu maî-

Non, je ne l'oublierai jamais. [tre.

LÉONOR

Vous ne l'oublierez point? vous le cédez?

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