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LA PRINCESSE DE NAVARRE, ACTE III, SCENE V
Sans doute.
LÉONOR
Hélas ! que cet effort vous coule !
Mais ne serait-il point un effort généreux,
Non moins grand, beaucoup plus heureux, Celui d'être au-dessus delà grandeur suprême? Vous pouvez aujourd'hui disposer de vous-même. Élever un héros, est-ce vous avilir?
Est-ce donc par orgueil qu'on aime?
N'a-t-on que des rois à choisir?
Alamir ne l'est pas, mais il est brave et tendre.
CONSTANCE
Non, le devoir l'emporte, et tel est son pouvoir.
LÉONOR
Hélas ! gardez-vous bien de prendre La vanité pour le devoir.
Que résolvez-vous donc ?
CONSTANCE
Moi! d'être au désespoir; D'obéir, en pleurant, à ma gloire importune; D'éloigner le héros dont je me sens charmer; De goûter le bonheur de faire sa fortune, Ne pouvant me livrer au bonheur de l'aimer. (On entend derrière le théâtre un bruit de trompettes.) CHOEUR.
Triomphe, victoire :
L'équité marche devant nous :
Le ciel y joint la gloire ; L'ennemi tombe sous nos coups :
Triomphe, victoire.
LÉONOR
Est-ce le duc de Foix qui prétend par des fêtes Vous mettre encor, madame, au rang de ses conconstance. [quêtes?
Ah ! je déteste le parti Dont la victoire a secondé les armes : Quel qu'il soit, Léonor, il est mon ennemi. Puisse le duc de Foix, auteur de mes alarmes, Puissent don Pèdre et lui l'un par l'autre périr ! Mais, ô ciel ! conservez mon vengeur Alamir, Dût-il ne point m'aimer, dût-il causer mes larmes !