LE BARON D'OTUANTE, ACTE II, SCÈNE III
Il paraît volontaire; et le pas est scabreux.
IRÈNE
Il a pris sans façon l'appartement du maître : « Je le suis, a-t-il dit, et j'ai seul droit de l'être. Vin, fille, argent comptant, tout est pour le plus
[fort ; Le vainqueur les mérite, et les vaincus ont tort. » Dans cette belle idée il s'en donne à cœur joie, Et pour tous les plaisirs son bon goût se déploie, Tandis que mon baron, une étrille à la main, Gémit dans l'écurie et s'y tourmente en vain. 11 fait venir ici les dames les plus belles, Pour leur rendre justice, et pour juger entre elles, Mettre au jour leur mérite, exercer leurs talents Par des pas de ballet, des mines et des chants. Nous allons lui donner cette petite fête; Et si de son mouchoir mes yeux font la conquête, Je pourrai m'en servir pour lui jouer un tour Qui fera triompher ma gloire et mon amour. J'entends déjà d'ici ses fifres, ses timbales; Voilà nos ennemis, et voici mes rivales.