LES DEUX TONNEAUX, ACTE I, SCÈNE III
PRESTINE.
Hélas! très-volontiers DUO.
GRÉGOIRE ET PRESTINE.
En ces beaux lieux c'est à Grégoire,
C'est à lui d'enseigner Le grand art d'aimer et de boire; C'est lui qui doit régner.
Du dieu puissant de la liqueur vermeille Le temple est un cabaret; Sou autel est un buffet.
L'Amour y veille Avec transport; L'Amour y dort, Dort, dort, Sous les beaux raisins de la treille.
GRÉGOIRE
Je vois nos gens venir; je vais prendre à l'instant
Mes habits de cérémonie.
11 faut qu'à tous les yeux Grégoire justifie Le choix qu'on fait de lui dans un jour si brillant.
PRESTINE.
Va vite... Avancez donc, mon père, mon beau-père, Ma chère sœur, mon cher beau-frère.
Ah! que vous marchez lentement!
Cet air grave est, dit on, décent :
Il est noble, il a de la grâce;
Mais j'irais plus vivement
Si j'étais à votre place.