‹ Théâtre completChapitre 1708 sur 1720 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les précédents; GRÉGOIRE, revenant dans son premier habit.

DAPHNIS

0 douleur! o transports jaloux!

Holà! hé! monsieur le grand-prètre, Monsieur Grégoire, approchez-vous.

GRÉGOIRE

Quel profane en ces lieux frappe, et me parle en daphnis. [maître?

C'est moi; me connais-tu?

GRÉGOIRE

Qui, toi? mon ami, non, Je ne te connais point à cet étrange ton Que tu prends avec moi.

DAPHNIS

Tu vas donc me connaître!

Tu mourras de ma main; je vais t'assommer, trai-

Jc vais t'exterminer, fripon ! ftre!

GRÉGOIRE

Tu manques de respect à Grégoire, h ma phee!

DAPHNIS

Va, ce fer que tu vois en manquera bien plus!

11 faut punir ta lâche audace :

Indigne suppôt de Racchus, Tremble, et rends-moi ma femme.

GRÉGOIRE

Eh mais, pour te la rendre, Il faudrait avoir eu le plaisir de la prendre :

Tu vois, je ne l'ai point.

DAPHNIS

Non, tu ne l'auras pas;

Mais c'est toi qui me Tas ravie; C'est toi qui l'as changée, et presque dans mes

Elle m'aimait plus que sa vie [bras :

Avant d'avoir goûté ton vin.

On connaît ton esprit malin; A peine a-t-elle bu de ta liqueur mêlée, Sa haine contre moi soudain s'est exhalée; Elle me fuit, m'outrage et m'accable d'horreurs.

C'est toi qui Tas ensorcelée; Tes pareils dès longtemps sont des empoisonneurs.

GRÉGOIRE

Quoi! ta femme te hait!

DAPHNIS

Oui, perfide! à la rage.

GRÉGOIRE

Eb mais, c'est quelqueluis un fruit du mariage; Tu peux t'en informer.

DAPHNIS

Non, toi seul as tout fait :

Tu mets à mon bonheur un invincible obstacle.

GRÉGOIRE

Tu crois donc, mon ami, qu'une femme en effet Ne peut te haïr sans miracle?

DAPHNIS

Je crois que dans l'instant à mon juste dépit, Lcàche, ton sang va satisfaire.

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