ZAÏRE, ACTE IV, SCENE I
Mais versant à ses yeux le sang- qui m'a trahi, Déchiré devant elle; et ma main dégouttante Confondrait dansson sang1 lesang de son amante... Excuse les transports de ce cœur offense; Il est né violent, il aime, il est blessé. Je connais mes fureurs et je crains ma faiblesse; A des troubles honteux je sens que je m'abaisse. Non, c'est trop sur Zaïre arrêter un soupçon; Non, son cœur n'est point fait pour une trahison. Mais ne crois pas non plus que le mien s'avilisse A souffrir des rigueurs, à gémir d'un caprice; A me plaindre, à reprendre, à redonner ma foi: Les éclaircissements sont indignes de moi. [pire; Il vaut mieux sur mes sens reprendre un juste em- II vaut mieux oublier jusqu'au nom de Zaïre. Allons, que le sérail soit fermé pour jamais; Que la terreur habite aux portes du palais; Que tout ressente ici le frein de l'esclavage. Des rois de l'Orient suivons l'antique usage. On peut, pour son esclave oubliant sa fierté, Laisser tomber sur elle un regard de bonté; Mais il est trop honteux de craindre une maîtresse. Aux mœurs de l'Occident laissons cette bassesse. Ce sexe dangereux, qui veut tout asservir, S'il règne dans l'Europe, ici doit obéir.