ZAÏRE, ACTE IV, SCÈNE V
Mon malheur est pour moi, je suis la seule à orosmane. [plaindre.
Vous, à plaindre! grand Dieu!
ZAÏRE
Souffrez qu'à vos genoux Je demande en tremblant une grâce de vous.
OROSMANE
Une grâce ! ordonnez, et demandez ma vie.
ZAÏRE
Plût au ciel qu'à vos jours la mienne fût unie ! Orosmane... Seigneur... permettez qu'aujourd'hui, Seule, loin de vous-même, et toute à mon ennui, D'un œil plus recueilli contemplant ma fortune, Je cache à votre oreille une plainte importune... Demain, tous mes secrets vous seront révélés.
OROSMANE
De quelle inquiétude, ô ciel! vous m'accablez! Pouvez-vous?...
ZAÏRE
Si pour moi l'amour vous parle encore, Ne me refusez pas la grâce que j'implore.
Eh bien ! il faut vouloir tout ce que vous voulez : J'y consens ; il en coûte à mes sens désolés. Allez, souvenez-vous que je vous sacrifie Les moments les plus beaux, les plus chers de ma
zaïre. [vie.
En me parlant ainsi, vous me percez le cœur.
OROSMANE
Eh bien ! vous me quittez, Zaïre?
ZAÏRE
Hélas ! Seigneur !