‹ Théâtre completChapitre 203 sur 1720 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

OROSMANE, CORASMIN.

CORASMIN.

Cette lettre, seigneur, Pourra vous éclaircir et calmer votre cœur.

Ah ! lisons : ma main tremble, et mon âme étonnée Prévoit que ce billet contient ma destinée. Lisons... Chère Zaïre, il est temps de nous voir: Il est vers la mosquée une secrète issue, Où vous pouvez sans bruit, et sans être aperçue, Tromper vos surveillants et remplir notre espoir. Il faut tout hasarder ; vous connaissez mon zèle : Je vous attends ; je meurs, si vous n'êtes fidèle. Eh bien! cher Corasmin, que dis-tu?

CORASMIN.

Moi, seigneur?

Je suis épouvanté de ce comble d'horreur.

OROSMANE

Tu vois comme on me traite.

CORASMIN.

O trahison horrible !

Seigneur, à cet affront vous êtes insensible ? Vous, dont le cœur tantôt, sur un simple soupçon, D'une douleur si vive a reçu le poison? Ah! sans doute, l'horreur d'une action si noire Vous guérit d'un amour qui 'blessait votre gloire.

OROSMANE

Cours chez elle à l'instant, va, vole, Corasmin: Montre-lui cet écrit... Qu'elle tremble... et soudain, De cent coups de poignard que l'infidèle meure. Mais avant de frapper... Ah! cher ami, demeure, Demeure, il n'est pas temps. Je veux que ce chrétien

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