ADELAÏDE DU GUESCLIN, ACTE H, SCÈNE V
Voilà ce que l'amour et mon malheur lui coûte. Taïse, c'est pour moi qu'il combattait, sans doute; C'est moi que dans ces murs il osait secourir; Il servait son monarque, il m'allait conquérir, [ce ! Quel prix de tant de soins! quel fruit de sa constan- Hélas ! mon tendre amour accusait son absence : Je demandais Nemours, et le ciel me le rend; J'ai revu ce que j'aime, et l'ai revu mourant : Ces lieux sont teints du sang qu'il versait à ma vue. Ah! Taise, est-ce ainsi que je lui suis rendue? Va le trouver; va, cours auprès de mon amant.
TAÏSE.
Eh ! ne craignez-vous pas que tant d'empressement N'ouvre les yeux jaloux d'un prince qui vous aime ? Tremblez de découvrir....
ADÉLAÏDE
J'y volerai moi-même.
D'une autre main, Taïse, il reçoit des secours : Un autre a le bonheur d'avoir soin de ses jours. 11 faut que je le voie, et que de son amante La faible main s'unisse à sa main défaillante. Hélas ! des mêmes coups nos deux cœurs pénétrés. . .
TAÏSE.
Au nom de cet amour, arrêtez, demeurez; Reprenez vos esprits.
ADÉLAÏDE
Rien ne m'en peut distraire.