ADÉLAÏDE DU GUESCLIN, ACTE IV, SCENE IL
Et, dans le désespoir d'un impuissant courroux, Je ne puis me venger qu'en me privant de vous! Partez, Adélaïde.
ADÉLAÏDE
Il faut que je vous quitte!
Quoi! vous m'abandonnez! vous ordonnez ma
nemoubs. [fuite!
Il le faut : chaque instant est un péril fatal, Vous êtes une esclave aux mains de mon rival. Remercions le ciel, dont la bonté propice Nous suscite un secours aux bords du précipice. Vous voyez cet ami qui doit guider vos pas; Sa vigilance adroite a séduit des soldats.
(A Dangeste.) Dangeste, ses malheurs ont droit à tes services : Je suis loin d'exiger d'injustes sacrifices; Je respecte mon frère, et je ne prétends pas Conspirer contre lui dans ses propres États. Écoute seulement la pitié qui te guide ; Écoute un vrai devoir et sauve Adélaïde.
ADÉLAÏDE
Hélas! ma délivrance augmente mon malheur. Je détestais ces lieux, j'en sors avec terreur.
NEMOURS
Privez-moi par pitié d'une si chère vue :
Tantôt à ce départ vous étiez résolue,
Le dessein était pris; n'osez-vous l'achever?
ADÉLAÏDE
Ah! quand j'ai voulu fuir, j'espérais vous trouver.
NEMOURS
Prisonnier sur ma foi, dans l'horreur qui me presse, Je suis plus enchaîné par ma seule promesse, Que si de cet État les tyrans inhumains Des fers les plus pesants avaient chargé mes mains. Au pouvoir de mon frère ici l'honneur me livre ; Je peux mourir pour vous, mais je ne peux vous
[suivre.
Vous suivrez cet ami par des détours obscurs, Qui vous rendront bientôt sous ces coupables murs. De la Flandre à sa voix on doit ouvrir la porte; Du roi sous les remparts il trouvera l'escorte, Le temps presse, évitez un ennemi jaloux.
ADÉLAÏDE
Je vois qu'il faut partir... cher Nemours, et sans