‹ Théâtre completChapitre 245 sur 1720 · NEMOURS. [VOUS · texte numérisé non relu

NEMOURS. [VOUS

L'amour nous a rejoints, que l'amour nous sépare. Adélaïde. [bare?

Qui! moi? que je vous laisse au pouvoird'un bar- Seigneur, de votre sang l'Anglais est altéré; Ce sang à votre frère est-il donc si sacré? [neste, Craindra-t-il d'accorder, dans son courroux fu- Aux alliés qu'il aime un rival qu'il déteste?

NEMOURS

11 n'oserait.

ADÉLAÏDE

Son cœur ne connaît point de frein; Il vous a menacé, menacc-t-il en vain?

Il tremblera bientôt: le roi vient et nous venge;

La moitié de ce peuple à ses drapeaux se range. Allez : si vous m'aimez, dérobez-vous aux coups Des foudres allumés, grondant autour de nous; Au tumulte, au carnage, au désordre effroyable, Dans des murs pris d'assaut malheur inévitable : Mais craignez encor plus mon rival furieux ; Craignez l'amour jaloux qui veille dans ses yeux. Je frémis de vous voir encor sous sa puissance ; Redoutez son amour autant que sa vengeance. Cédez à mes douleurs; qu'il vous perde : partez.

ADÉLAÏDE

Et vous vous exposez seul à ses cruautés!

nemours. [frère ;

Ne craignant rien pour vous, je craindrai peu mon Et bientôt mon appui lui devient nécessaire.

ADÉLAÏDE. [mis.

Aussi bien que mon cœur, mes pas vous sont sou- Eh bien! vous l'ordonnez, je pars et je frémis! Je ne sais... mais enfin, la fortune jalouse M'a toujours envié le nom de votre épouse.

NEMOURS

Partez avec ce nom. La pompe des autels,

Ces voiles, ces flambeaux, ces témoins solennels,

Inutiles garants d'une foi si sacrée,

La rendront plus connue et non plus assurée.

Vous, mânes des Bourbons, princes, rois mes aïeux,

Du séjour des héros tournez ici les yeux.

J'ajoute à votre gloire en la prenant pour femme;

Confirmez mes serments, ma tendresse et ma

Adoptez-la pour fille, et puisse son époux [flamme:

Se montrer à jamais digne d'elle et de vous!

ADÉLAÏDE

Rempli de vos bontés, mon cœur n'a plus d'alarmes, Cher époux, cher amant...

nemours. [larmes?

Quoi! vous versez des

C'est trop tarder, adieu!... Ciel, quel tumulte affreux!

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