‹ Théâtre completChapitre 248 sur 1720 · VENDOME, ADÉLAÏDE · texte numérisé non relu

VENDOME, ADÉLAÏDE

ADÉLAÏDE

Vous, cruel! vous feriez cet affreux sacrifice ! De son vertueux sang vous pourriez vous couvrir ! Quoi! voulez-vous...

VENDÔME

Je veux vous haïr et mourir, Vous rendre malheureuse encor plus que moi-même, Répandre devant vous tout le sang qui vous aime, Et vous laisser des jours plus cruels mille fois Que le jour où l'amour nous a perdus tous trois. Laissez-moi : votre vue augmente mon supplice.

ADÉLAÏDE, Cl CoilCy.

Ah! je n'attends plus rien que de votre justice; Coucy, contre un cruel osez me secourir.

VENDÔME

Garde-toi de l'entendre, ou tu vas me trahir.

ADÉLAÏDE

J'atteste ici le ciel...

VENDÔME

Qu'on l'ôte de ma vue.

Ami, délivre-moi d'un objet qui me tue.

ADÉLAÏDE

Va, tyran, c'en est trop; va, dans mon désespoir, J'ai combattu l'horreur que je sens à te voir; J'ai cru, malgré ta rage, à ce point emportée, Qu'une femme du moins en serait respectée. L'amour adoucit tout, hors ton barbare cœur : Tigre ! je t'abandonne à toute ta fureur. Dans ton féroce amour immole tes victimes ; Compte dès ce moment ma mort parmi tes crimes, Mais compte encor la tienne: un vengeur va venir, Par ton juste supplice il va tous nous unir, [gloire; Tombe avec tes remparts; tombe et péris sans Meurs, et que l'avenir prodigue à ta mémoire, A tes feux, à ton nom, justement abhorrés, La haine et le mépris que tu m'as inspirés!

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