‹ Théâtre completChapitre 255 sur 1720 · VENDOME, ADÉLAÏDE, COUCY · texte numérisé non relu

VENDOME, ADÉLAÏDE, COUCY

COUCY

Ah ciel! que faites-vous?

VENDÔME

(On le désarme.)

Laisse-moi me punir et me rendre justice.

ADÉLAÏDE, Cl Coucy.

Vous, d'un assassinat vous êtes le complice?

VENDÔME

Ministre de mon crime, as-tu pu m'obéir?

COUCY

Je vous avais promis, seigneur, de vous servir.

VENDÔME

Malheureux que je suis ! ta sévère rudesse A cent fois de mes sens combattu la faiblesse : Ne devais-tu te rendre à mes tristes souhaits Que quand ma passion t'ordonnait des forfaits? Tu ne m'as obéi que pour perdre mon frère !

COUCY

Lorsque j'ai refusé ce sanglant ministère, Votre aveugle courroux n'allait-il pas soudain Du soin de vous venger charger une autre main? vendôme. [maître,

L'amour, le seul amour, de mes sens toujours En m'ôtant ma raison, m'eût excusé peut-être : Mais toi, dont la sagesse et les réflexions Ont calmé dans ton sein toutes les passions, Toi, dont j'avais tant craint l'esprit ferme et ri- Avec tranquillité permettre un parricide! [gide,

COUCY

Eh bien ! puisque la honte avec le repentir, Par qui la vertu parle à qui peut la trahir, D'un si juste remords ont pénétré votre âme, Puisque, malgré l'excès de votre aveugle flamme, Au prix de votre sang vous voudriez sauver Ce sang dont vos fureurs ont voulu vous priver ; Je peux donc m'expliquer, je peux donc vous apprendre Que de vous-même enfin Coucy sait vous défendre. Connaissez-moi, madame, et calmez vos douleurs.

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