‹ Théâtre completChapitre 270 sur 1720 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LE DUC, LISOIS

* LE DUC

La victoire est à nous, vos soins l'ont assurée. Vous avez su guider ma jeunesse égarée. Lisois m'est nécessaire aux conseils, aux combats, Et c'est à sa grande âme à diriger mon bras.

lisois. [raître,

Prince, ce feu guerrier, qu'en vous on voit pa- Sera maître de tout quand vous en serez maître : Vous l'avez pu régler et vous avez vaincu. Ayez dans tous les temps cette heureuse vertu : L'effet en est illustre autant qu'il est utile. Le faible est inquiet, le grand homme est tran-

le duc [quille.

Ah ! l'amour est-il fait pour la tranquillité? Mais le chef inconnu sur nos remparts monté, Qui tint seul si longtemps la victoire en balance. Qui m'a rendu jaloux de sa haute vaillance, Que devint-il?

lisois.

Seigneur, environné de morts, Il a seul repoussé nos plus puissants efforts, [dre, Mais ce qui me confond et qui doit vous surpren- Pouvant nous échapper, il est venu se rendre ; Sans vouloir se nommer et sans se découvrir, Il accusait le ciel et cherchait à mourir. Un seul de ses suivants auprès de lui partage La douleur qui l'accable et le sort qui l'outrage.

LE DUC

Quel est donc, cher ami, ce chef audacieux, Qui, cherchant le trépas, se cachait à nos yeux? Son casque était fermé. Quel charme inconcevable, Quand je l'ai combattu, le rendait respectable? Un je ne sais quel trouble en moi s'est élevé : Soit que ce triste amour, dont je suis captivé, Sur mes sens égarés répandant sa tendresse, Jusqu'au sein des combats m'ait prêté sa faiblesse ; Qu'il ait voulu marquer toutes mes actions Par la molle douceur de ses impressions ; Soit plutôt que la voix de ma triste patrie Parle encore en secret au cœur qui l'a trahie, Ou que le trait fatal enfoncé dans ce cœur Corrompe en tous les temps ma gloire et mon bon-

lisois. [heur.

Quant aux traits dont votre àme a senti la puissance, Tous les conseils sont vains, agréez mon silence.

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