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SCÈNE IV

LE DUC, VAMIR, ÉMAR.

LE DUC

Ce mystère m'irrite et je prétends savoir

Quel guerrier les destins ont mis en mon pouvoir :

Il semble avec horreur qu'il détourne la vue.

" VAMIR,

0 lumière du jour, pourquoi m'est-tu rendue ? Te verrai-je, infidèle? en quels lieux? à quel prix?

LE DUC

Qu'entends-je? et quels accents ont frappé mes es-

vamir. [prits?

M'as-tu pu méconnaître?

Ah! Vamir! ah! mon frère!

vamir.

Ce nom jadis si cher,, ce nom me désespère. Je ne le suis que trop, ce frère infortuné, Ton ennemi vaincu, ton captif enchaîné.

le duc [donne.

Tu n'es plus que mon frère, et mon cœur te par- Mais, je te l'avouerai, ta cruauté m'étonne. Si ton roi me poursuit, Vamir, était-ee à toi A briguer, à remplir cet odieux emploi? Que t'ai-je fait ?

VAMIR.

Tu fais le malheur de ma vie; Je voudrais qu'aujourd'hui ta main me l'eût ravie.

LE DUC

De nos troubles civils quels effets malheureux !

VAMIR.

Les troubles de mon cœur sont encor plus affreux.

LE DUC

J'eusse aimé contre un autre à montrer mon cou- Vamir, que je te plains ! [rage.

vamir.

Je te plains davantage De haïr ton pays, de trahir sans remords Et le roi qui t'aimait, et le sang dont tu sors.

le duc Arrête : épargne-moi l'infâme nom de traitreï A cet indigne mot je m'oublierais peut-être. Non, mon frère, jamais je n'ai moins mérité Le reproche odieux de l'infidélité.

Je suis prêt de donner à nos tristes provinces, A la France sanglante, au reste de nos princes, L'exemple auguste et saint de la réunion, Après l'avoir donné de la division.

vamir.

Toi, tu pourrais?...

LE DUC

Ce jour, qui semble si funeste, Des feux de la discorde éteindra ce qui reste.

vamir.

Ce jour est trop horrible.

LE DUC

Il va combler mes vœux.

VAMIR.

Comment?

le duc [reux.

Tout est changé, ton frère est trop heu-

VAMIR.

Je le crois; on disait que d'un amour extrême,

Violent, effréné (car c'est ainsi qu'on aime),

Ton cœur depuis trois mois s'occupait tout entier?

LE DUC

J'aime: oui, la renommée a pu le publier; Oui, j'aime avec fureur. Une telle alliance Semblait pour mon bonheur attendre ta présence : Oui, mes ressentiments, mes droits, mes alliés, Gloire, amis, ennemis, je mets tout à ses pieds.

(A sa suite.) Allez, et dites-lui que deux malheureux frères, Jetés par le destin dans des partis contraires, Pour marcher désormais sous le même étendard, De ses yeux souverains n'attendent qu'un regard.

(A Vomir.)

Ne blâme point l'amour où ton frère est en proie : Pour me justifier il suffit qu'on la voie.

VAMIR.

Cruel!... elle vous aime?

LE DUC

Elle le doit du moins.

Il n'était qu'un obstacle au succès de mes soins : Il n'en est plus; je veux que rien ne nous sépare.

VAMIR.

Quels effroyables coups le cruel me prépare ! Écoute: à ma douleur ne veuxrtu qu'insulter? Me connais-tu? sais-tu ce que j'osais tenter? Dans ces funestes lieux sais-tu ce qui m'amène ?

LE DUC

Oublions ces sujets de discorde et de haine.

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