‹ Théâtre completChapitre 296 sur 1720 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

BRUTUS, CASSIUS, CINNA, CASCA, DÉCIME, suite.

CASSIUS

Je t'embrasse, Brutus, pour la dernière fois. Amis, il faut tomber sous les débris des lois. De César désormais je n'attends plus de grâce; Il sait mes sentiments, il connaît notre audace. Notre âme incorruptible étonne ses desseins; Il va perdre dans nous les derniers des Romains. C'en est fait, mes amis, il n'est plus de patrie, Plus d'honneur, plus de lois; Rome est anéantie: De l'univers et d'elle il triomphe aujourd'hui; Nos imprudents aïeux n'ont vaincu que pour lui. Ces dépouilles des rois, ce sceptre de la terre, Six cents vsia de vertus, de travaux et de guerre: César jouit de tout et dévore le fruit Que six siècles de gloire à peine avaient produit. Ah! Brutus! es-tu né pour servir sous un maître? La liberté n'est plus.

BRUTUS

Elle est prête à renaître.

CASSIUS

Que dis-tu? mais quel bruit vient frapper mes esbrutus. [prits?

Laisse là ce vil peuple et ses indignes cris.

CASSIUS

La liberté, dis-tu?... Mais quoi... le bruit redouble.

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