ACTE III, SCENE IV
Le se n ai, Rome, et vous, vous avez tous ma foi : Le bien du monde entier me parle contre un roi. J'embrasse avec horreur une vertu cruelle; J'en frissonne à vos yeux, mais je vous -suis fidèle. César me va parler; que ne puis-je aujourd'hui L'attendrir, le changer, sauver l'État et lui ! Veuillent les immortels, s'expliquant par ma bouche. Prêter à mon organe un pouvoir qui le touche ! Mais si je n'obtiens rien de cet ambitieux, Levez le bras, frappez, je détourne les yeux. Je ne trahirai point mon pays pour mon père : Que l'on approuve, ou non, ma fermeté sévère: Qu'à l'univers surpris cette grande action Soit un objet d'horreur ou d'admiration; Mon esprit, peu jaloux de vivre en la mémoire, Ne considère point le reproche ou la gloire : Toujours indépendant et toujours citoyen, Mon devoir me suffit, tout le reste n'est rien. Allez, ne songez plus qu'à sortir d'esclavage.
CASSIUS
Du salut de l'État ta parole est le gage. [lieux Nous comptons tous sur toi, comme si dans ces Nous entendions Caton, Rome même et nos dieux.