ALZIRE, ACTE IV, SCÈNE IV
Tu t'assures ma foi, mon respect, mon retour, Tous mes vœux (s'il en est qui tiennent lieu d'amour). Pardonne... je m'égare... éprouve mon courage. Peut-être une Espagnole eût promis davantage; Elle eût pu prodiguer les charmes de ses pleurs ; Je n'ai point leurs attraits et je n'ai point leurs
[mœurs.
Ce cœur simple et formé des mains de la nature, En voulant f adoucir, redouble ton injure : Mais enfin c'est à toi d'essayer désormais Sur ce cœur indompté la force des bienfaits.
GUSMAN
Eh bien! si les vertus peuvent tant sur votre âme, Pour en suivre les lois, connaissez-les, madame. Étudiez nos mœurs avant de les blâmer : Ces mœurs sont vos devoirs ; il faut s'y conformer. Sachez que le premier est d'étouffer l'idée Dont votre âme à mes yeux est encor possédée ; De vous respecter plus et de n'oser jamais Me prononcer le nom d'un rival que je hais; D'en rougir la première et d'attendre en silence Ce que doit d'un barbare ordonner ma vengeance. Sachez que votre époux qu'ont outragé vos feux, S'il peut vous pardonner, est assez généreux. Plus que vous ne pensez je porte un cœur sensible, Et ce n'est pas à vous à me croire inflexible.