‹ Théâtre completChapitre 357 sur 1720 · ALZIRE, ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ALZIRE, ACTE V, SCÈNE VII

Entre quels attentats faut-il que je choisisse ?

(A Alzire.) Il s'agit de tes jours, il s'agit de mes dieux. Toi qui m'oses aimer, ose juger entre eux. Je m'en remets à toi; mon cœur se flatte encore Que tu ne voudras point la honte de Zamore.

Écoute. Tu sais trop qu'un père infortuné Disposa de ce cœur que je t'avais donné; Je reconnus son Dieu : tu peux de ma jeunesse Accuser, si tu veux, l'erreur ou la faiblesse; Mais des lois des chrétiens mon esprit enchanté Vit chez eux, ou du moins crut voir la vérité; Et ma bouche, abjurant les dieux de ma patrie, Par mon âme en secret ne fut point démentie. Mais renoncer aux dieux que l'on croit dans son

[cœur, C'est le crime d'un lâche et non pas une erreur: C'est trahir à la fois, sous un masque hypocrite, Et le Dieu qu'on préfère, et le Dieu que l'on quitte : C'est mentir au ciel même, à l'univers, à soi. Mourons, mais en mourant sois digne encor de moi; Et, si Dieu ne te donne une clarté nouvelle, Ta probité te parle, il faut n'écouter qu'elle.

ZAMORE

J'ai prévu ta réponse : il vaut mieux expirer Et mourir avec toi, que se déshonorer.

ALVAREZ

Cruels! ainsi tous deux vous voulez votre perte, Vous bravez ma bonté qui vous était offerte. Écoutez, le temps presse, et ces lugubres cris...

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