ZULIME, ACTE I, SCÈNE V
RAM IRE
Dans ce malheur pressant je goûte quelque joie. Eh bien ! pour vous servir le ciel m'ouvre une voie : De vos peuples unis je brave le courroux ; J'ai combattu pour eux, je combattrai pour vous. Pour mériter vos soins je puis tout entreprendre ; Et mon sort en tout temps sera de vous défendre.
ZULIME
Que dis-tu? contre un père! arrête, épargne-moi. L'amour n'entraîne-t-il que le crime après soi? Tombe sur moi des cieux l'éternelle colère, Plutôt que mon amant ose attaquer mon père ! Avant que ses soldats environnent nos tours, Les flots nous ouvriront un plus juste secours. Mon séjour en ces lieux me rendrait trop coupable; D'un père courroucé fuyons l'œil respectable : Je vais hâter ma fuite et j'y cours de ce pas.
RAMIRE, à Atide.
Moi. je vais fuir la honte et hâter mon trépas.