ZULIME, ACTE III, SCÈNE III
ATIDE.
Ce n'esl point à des cœurs nourris dans l'amertume, Que la crainte a glacés, que la douleur consume; Ce n'est point à des yeux aux larmes condamnés,, De lire dans les cœurs des amants fortunés. Est-ce à moi d'observer leur joie et leur caprice? Ne vous suffit-il pas qu'on vous rende justice, Qu'on soit à vos bontés asservi pour jamais?
ZULIME
Non : il semble accablé du poids de mes bienfaits ; Son âme est inquiète et n'est point attendrie. Atide, il me parlait des lois de sa patrie. II est tranquille assez, maître assez de ses vœux, Pour voir en ma présence un obstacle à nos feux. Ma tendresse un moment s'est sentie alarmée. Chère Atide, est-ce ainsi que je dois être aimée? Après ce que j'ai fait, après ma fuite, hélas!... Atide, il me trahit, s'il ne m'adore pas; Si de quelque intérêt son âme est occupée, Si je n'y suis pas seule, Atide, il m'a trompée.