SCÈNE VII
RAMIRE, ATIDE, IDAMORE.
IDA MORE
En ce même moment Bénassar vous poursuit, vous, Atide et Zulime. Le péril le plus grand est celui qui m'anime. Seigneur, je viens combattre et mourir avec vous. ï " a i vu ce Bénassar, enflammé de courroux, Aux siens qui l'attendaient lui-même ouvrir laporte , Rentrer accompagné de leur fatale escorte, Courir à ses vaisseaux la flamme dans les mains. Il attestait le ciel vengeur des souverains; Sa fureur échauffait les glaces de son âge. Déjà de tous côtés commençait le carnage; Je me fraye un chemin, je revole en ces lieux. Sortons... Entendez-vous tous ces cris furieux? D'où vient que Bénassar, au fort, de la mêlée, Accuse votre foi lâchement violée?
Des soldats de Zulime ont quitté ses drapeaux; Ils ont suivi son père, ils marchent aux vaisseaux. D'où peut naître un revers si prompt et si funeste?
RAMIRE
Allons le réparer, le désespoir nous reste. Sauvons du moins Atide; et, le fer à la main, Parmi ces malheureux ouvrons-nous un chemin: Suivez-moi. Dieu puissant, daignez enfin défendre La vertu la plus pure et l'amour le plus tendre ! Suivez-moi, dis-je.
ATIDE.
0 ciel ! Ramire ! Ah ! jour affreux !
RAMIRE
Si vous vivez, ce jour est encor trop heureux.