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SCÈNE

SÉIDE, PALMIUE.

PALMIRE

Demeure. Quel est donc ce secret sacrifice? Quel sang a demandé l'éternelle justice? Ne m'abandonne pas.

Dieu daigne m'appeler :

Mon bras doit le servir, mon cœur va lui parler. Omar veut à l'instant, par un serment terrible, M'attacher de plus près à ce maître invincible : Je vais jurer à Dieu de mourir pour sa loi, El mes seconds serments ne seront que pour toi. palmire. • [te?

D'où vient qu'à ce serment je ne suis point prôsen- Si je t'accompagnais, j'aurais moins d'épouvante. Omar, ce môme Omar, loin de me consoler, Parle de trahison, de sang prêt à couler, Des fureurs du sénat, des complots de Zopirc. Les feux sont allumés, bientôt la trêve expire : Le fer cruel est prêt; on s'arme, on va frapper. Le prophète l'a dit, il ne peut nous tromper.

Je crains tout deZopire, cl je crains pour Séide.

SIÎIDE.

Croirai-je que Zopirc ait un cœur si perfide? Ce matin, comme otage à ses yeux présenté, J'admirais sa noblesse et son humanité; Je sentais qu'en secret une force inconnue Enlevait jusqu'à lui mon âme prévenue : Soit respect pour son nom, soit qu'un dehors heu- Me cachât de son cœur les replis dangereux; [reux Soit que, dans ces moments où je t'ai rencontrée, Mon âme tout entière à son bonheur livrée, Oubliant ses douleurs et chassant tout effroi, Ne connut, n'entendît, ne vit plus rien que toi; Je me trouvais heureux d'être auprès de Zopire. Je le hais d'autant plus qu'il m'avait su séduire : Mais, malgré le courroux dont je dois m'animer, Qu'il est dur de haïr ceux qu'on voulait aimer!

PALMIRE

Ah! que le ciel en tout a joint nos destinées! Qu'il a pris soin d'unir nos âmes enchaînées! Hélas! sans mon amour, sans ce tendre lien, Sans cet instinct charmant qui joint mon cœur au Sans la religion que Mahomet m'inspire, [tien, J'aurais eu des remords en accusant Zopire.

si:ide.

Laissons ces vains remords et nous abandonnons A la voix de ce Dieu qu'à Lenvi nous servons. Je sors. Il faut prêter ce serment redoutable. Le Dieu qui m'entendra nous sera favorable ; Et le pontife roi, qui veille sur nos jours, Bénira de ses mains de si chastes amours. Adieu. Pour être à toi, je vais tout entreprendre.

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