‹ Théâtre completChapitre 43 sur 1720 · III, SCENE III · texte numérisé non relu

III, SCENE III

Quelque indigne soupçon qu'il ait conçu de moi, Je ne sais point encor comme on manque de foi.

JOCASTE

Seigneur, au nom des dieux, au nom de cette flam- Dont la triste Jocaste avait touché votre âme, [me Si d'une si parfaite et si tendre amitié Vous conservez encore un reste de pitié, Enfin s'il vous souvient que, promis l'un à l'autre, Autrefois mon bonheur a dépendu du vôtre, Daignez sauver des jours de gloire environnés, Des jours à qui les miens ont été destinés.

PHILOCTÈTE

Je vous les consacrai; je veux que leur carrière De vous, de vos vertus, soit digne tout entière. J'ai vécu loin de vous ; mais mon sort est trop beau Si j '-emporte, en mourant, votre estime au tombeau. Qui sait même, qui sait si d'un regard propice Le ciel ne verra point ce sanglant sacrifice? Qui sait si sa clémence, au sein de vos États, Pour m'immoler à vous n'a point conduit mes pas ? Peut-être il me devait cette grâce infinie De conserver vos jours aux dépens de ma vie; Peut-être d'un sang pur il peut se contenter, Et le mien vaut du moins qu'il daigne l'accepter.

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