SCÈNE I
MAHOMET, OMAR: suite dam le fond.
OMA R .
Zopiiv est expirant, et ce peuple éperdu Levait déjà son front dans la poudre abattu. Tes prophètes et moi, que ton esprit inspire, Nous désavouons tous le meurtre de Z pire. Ici, nous l'annonçons à ce peuple en fureur [veur; Comme un coup du Très-Haut qui s'arme en ta fa- Là, nous en gémissons; nous promettons vengean- Nous vantons la justice ainsi que ta clémence, [ce : Partout on nous écoule, mu fléchit à ton nom;
El ce reste importun de la sédition N'est qu'un bruit passager de Ilots après l'orage, Dont le courroux mourant frappe encor le rivage, Quand la sérénité règne aux plaines du ciel.
MAHOMET
Imposons à ces flols un silence éternel.
As-tu fait des remparts approcher mon armée?
OMAR
Elle a marché la nuit vers la xille alarmée; Osman la conduisait par de secrets chemins.
MAHOMET
Faut-il toujours combattre ou tromper les humains ! Séide ne sait point qu'aveugle en sa furie Il vient d'ouvrir le flanc dont il reçut la vie?
OMAR
Qui pourrait l'en instruire? un éternel oubli Tient avec ce secret Hercide enseveli : Séide va le suivre, et son trépas commence. J'ai détruit l'instrument qu'employa ta vengeance. Tu sais que dans son sang- ses mains ont fait cou- Le poison qu'en sa coupe on avait su mêler. [1er Le châtiment sur lui tombait avant le crime; El tandis qu'à l'autel il traînait sa victime, Tandis qu'au sein d'un père il enfonçait sou bras. Dans ses veines, lui-même, il portait son trépas. 11 esl dans la prison et bientôt il expire. Cependant en ces lieux j'ai fait garder Palmire. Palmire à tes desseins va même encor servir : Croyant sauver Séide, elle va t' obéir.
Je lui fais espérer la grâce de Séide. Le silence est encor sur sa bouche timide; Son cœur toujours docile, et fait pour l'adorer, En secret seulement n'osera murmurer.
Législateur, prophète, et roi dans ta patrie, Palmire achèx era le bonheur de ta x ie. Tremblante, inanimée, ou l'amène à les yeux.
MAHOMET
Va rassembler mes chefs, et revole en ces lieux.