‹ Théâtre completChapitre 467 sur 1720 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MEROPE, EURYCLÈS, NARBAS, ISMÉNIE.

EURYCLES.

Ah! madame, le roi commande qu'on saisisse....

MÉROPE

Qui ?

EURYCLÈS.

Ce jeune étranger qu'on destine au supplice.

MÉROPE, avec transport. [sang.

Eh bien ! cet étranger, c'est mon fils, c'est mon

Narbas, on va plonger le couteau dans son flanc!

Courons tous.

NARBAS.

Demeurez.

MÉROPE

C'est mon fils qu'on entraîne !

Pourquoi ? quelle entreprise exécrable et soudaine ! Pourquoi "m'ôter Égisthe ?

EURYCLÈS.

Avant de vous venger, Polyphonie, dit-il, prétend l'interroger.

MÉROPE

L'interroger? qui? lui? sait-il quelle est sa mère?

EURYCLÈS.

Nul ne soupçonne encor ce terrible mystère.

Courons à Polyphontc; implorons son appui.

NARBAS.

N'implorez que les dieux et ne craignez que lui.

ëuryclès. [brage,

Si les droits de ce fils au roi font quelque oml)e son. salut au moins votre hymen est le gage. Prêt à s'unir à vous d'un éternel lien, Votre fils aux autels va devenir le sien. Et dût sa politique en être encor jalouse, U faut qu'il serve Égisthe alors qu'il vous épouse.

NARBAS.

Il nous épouse', lui! quel coup de foudre! ô ciel!

MÉROPE

C'est mourir trop longtemps dans ce trouble cruel. Je vais....

NARBAS.

Vous n'irez point, ô mère déplorable!

Vous n'accomplirez point cet hymen exécrable.

EURYCLÈS.

Narbas, elle est forcée à lui donner la main. | Il peut venger Cresphonte.

NARBAS.

11 en est l'assassin.

MÉROPE

Lui? ce traître?

NARBAS.

Oui, lui-même: oui, ses mains sanguinaires Ont égorgé d'Égisthe et le père et les frères : Je l'ai vu sur mon roi, j'ai vu porter les coups; Je l'ai vu tout couvert du sang de votre époux.

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