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MÉROPE, ACTE III, SCÈNE VI

MÉROPE

Ah! dieux!

NÀBBÀS.

J'ai vu ce monstre entouré de victimes; Je l'ai vu contre vous accumuler les crimes : 11 déguisa sa rage à force de forfaits; Lui-même aux ennemis il ouvrit ce palais. 11 y porta la flamme; et parmi le carnage, Parmi les traits, les feux, le trouble, le pillage, Teint du sang de vos fils, mais des brigands vainqueur, Assassin de son prince, il parut son vengeur. D'ennemis, de mourants, vous étiez entourée; Et moi, perçant à peine une foule égarée, J'emportai votre fils dans mes bras languissants. Les dieux ont pris pitié de ses jours innocents : Je l'ai conduit, seize ans, de retraite en retraite; J'ai pris pour me cacher le nom de Polyclète; Et, lorsqu'en arrivant je l'arrache à vos coups, Polyphonte est son maître et devient votre époux!

MÉROPE

Ah! tout mon sang se glace à ce récit horrible.

EURYGLÈS.

On vient : c'est Polyphonte.

0 dieux! est-il possible?

(A Narbas,) Va, dérobe surtout ta vue à sa fureur.

NARRAS.

Hélas! si votre fils est cher à votre cœur, Avec son assassin dissimulez, madame.

EURYCLÈS.

Renfermons ce secret dans le fond de noire âme. Un seul mot peut le perdre.

mérope, à EimjcUs.

Ah! cours: et que tes yeux Veillent sur ce dépôt si cher, si précieux.

EURYCLÈS.

N'en doutez point.

MEROPE.

Hélas! j'espère en ta prudence :

C'est mon (ils, c'est ton roi. Dieux! ce monstre

s avance :

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