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MÉROPE, ACTE V, SCÈNE N

MÉROPE

Et mes malheurs encor font la publique joie !

NARBAS.

Pour sauver votre fils quelle funeste voie!

MÉROPE

C'est un crime effroyable, et déjà tu frémis.

NARBAS.

Mais c'en est un plus grand de perdre votre fils.

MÉROPE

Eh bien! le désespoir m'a rendu mon courage. Courons tous vers le temple où m'attend mon ou-

[trage.

Montrons mon fils au peuple, et plaçons-le à leurs Entre l'autel et moi, sous la garde des dieux, [yeux, Il est né de leur sang, ils prendront sa défense ; Ils ont assez longtemps trahi son innocence. De son lâche assassin je peindrai les fureurs : L'horreur et la vengeance empliront tous les cœurs. Tyrans, craignez les cris et les pleurs d'une mère. On vient. Ah! je frissonne. Ah! tout me désespère. On m'appelle, et mon fils est au bord du cercueil; Le tyran peut encor l'y plonger d'un coup d'œil.

(Aux sacrificateurs.) Ministres rigoureux du monstre qui m'opprime, Vous venez à l'autel entraîner la victime. 0 vengeance! ô tendresse! ô nature! ô devoir! Ou'allez-vous ordonner d'un cœur au désespoir?

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