MEROPE, ACTE V, SCENE IV
EGISTHE
Tu me vois désarmé, comment puis-je répondre? Tes discours, je l'avoue, ont de quoi me confondre ; Mais rends-moi seulement ce glaive que tu crains, Ce fer que ta prudence écarte de mes mains: Je répondrai pour lors, et tu pourras connaître Qui de nous deux, perfide, est l'esclave ou le maître ; Si c'est à Polyphonie à régler nos destins, Et si le fils des rois punit les assassins.
POLYPHONTE
Faible et fier ennemi, ma bonté t'encourage: Tu me crois assez grand pour oublier l'outrage, Pour ne m'avilir pas jusqu'à punir en toi Un esclave inconnu qui s'attaque à son roi. Eh bien! cette bonté, qui s'indigne et se lasse, Te donne un seul moment pour obtenir ta grâce. Je t'attends aux autels et tu peux y venir : Viens recevoir la mort ou jurer d'obéir. Gardes, auprès de moi vous pourrez l'introduire; Qu'aucun autre ne sorte et n'ose le conduire. Vous, Narbas, Euryclès, je le laisse en vos mains. Tremblez! vous répondrez de ses caprices vains. Je connais votre haine et j'en sais l'impuissance; Mais je me fie au moins à votre expérience. Qu'il soit né de Mérope ou qu'il soit votre fils, D'un conseil imprudent sa mort sera le prix.