ASSUR, CÉDAR, ARZACE, AZÉMA
ASSUR, à Cédar.
Va, dis-je, et vois enfin si les temps sont venus De lui porter des coups trop longtemps retenus.
(Cédar sort.) Quoi ! je le vois encore ! il brave encor ma haine !
ARZACE.
Vous voyez un sujet protégé par sa reine.
ASSUR
Elle a daigné vous voir : mais vous a-t-elle appris De l'orgueil d'un sujet quel est le digne prix ? Savez-vous qu'Azéma, la fille de vos maîtres, Ne doit unir son sang qu'au sang de ses ancêtres? Et que de JNinias épouse en son berceau...
ARZACE.
Je sais que Ninias, seigneur, est au tombeau ; Que son père avec lui mourut d'un coup funeste: Il me suffit.
ASSUR
Eh bien ! apprenez donc le reste.
Sachez que de Ni nus le droit m'est assuré, Qu'entre son trône et moi je ne vois qu'un degré Que la reine m'écoute et souvent sacrifie
A mes justes conseils un sujet qui s'oublie ; Et que tous vos respects ne pourront effacer Les téméraires vœux qui m'osaient offenser.
Instruit à respecter le sang qui vous fit naître, Sans redouter en vous l'autorité d'un maître, Je sais ce qu'on vous doit, surtout en ces climats, E/t je m'en souviendrais, si vous n'en parliez pas. Vos aïeux, dont Bélus a fondé la noblesse. Sont votre premier droit au cœur de la princesse : Vos intérêts présents, le soin de l'avenir, Le besoin de l'État, tout semble vous unir. Moi, contre tant de droits, qu'il me faut reconnaître, J'ose en opposer un qui les vaut tous peut-être : J'aime; et j'ajouterais, seigneur, que mon secours A vengé ses malheurs, a défendu ses jours, A soutenu ce trône où son destin l'appelle, Si j'osais, comme vous, me vanter devant elle. Je vais remplir son ordre à mon zèle commis ; Je n'en reçois que d'elle et de Sémiramis. L'État peut quelque jour être en votre puissance; Le ciel donne souvent des rois dans sa vengeance : Mais il vous trompe au moins dans l'un de vos projets, Si vous comptez Arzace au rang de vos sujets.
ASSUR
Tu combles la mesure et lu cours à ta perte.