‹ Théâtre completChapitre 555 sur 1720 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

ORESTE, PYLADE, PAMMÈNE.

oreste. [rance?

Qu'as-tu fait, cher Paminène? as-tu quelque espé-

PAMMÈNE.

Seigneur, depuis ce jour fatal à votre enfance, Où j'ai vu dans ces lieux votre père égorgé, Jamais plus de périls ne vous ont assiégé.

PYLADE

Quoi ! pour Oreste aurais-je à craindre encore?

PAMMÈNE.

11 arrive à l'instant un courrier d'Épidaure;

Il est avec Égisthe; il glace mes esprits: Égisthe est informé de la mort de son fils.

PYLADE

Ciel !

ORESTE

Sait-il que ce fils, élevé dans le crime, Du fils d'Agamemnon est tombé la victime?

PAMMÈNE.

On parle de sa mort, on ne dit rien de plus; Mais de nouveaux avis sont encore attendus. On se tait à la cour, on cache k la contrée Que d'un de ses tyrans la Grèce est délivrée. Égisthe, avec la reine en secret renfermé, Écoute ce récit qui n'est pas confirmé; Et c'est ce que j'apprends d'un serviteur fidèle, Qui, pour le sang des rois comme moi plein de zèle, Gémissant et caché, traîne encor ses vieux ans Dans un service ingrat à la cour des tyrans.

ORESTE

De la vengeance au moins j'ai goûté les prémisses; Mes mains ont commencé mes justes sacrifices. Les dieux permettront-ils que je n'achève pas? Cher Pylade,est-ce en vain qu'ils ont armé mon bras? Par des bienfaits trompeurs exerçant leur colère, M'ont-ils donné le fils pour me livrer au père? Marchons; notre péril doit nous déterminer: Qui ne craint point la mort est sûr de la donner. Avant qu'un jour plus grand puisse éclairer sa rage, Je veux de ce moment saisir tout l'avantage.

PAMMÈNE.

Eh bien! il faut paraître, il faut vous découvrir A ceux qui pour leur roi sauront du moins mourir. Il en est, j'en réponds, caché dans ces asiles. Plus ils sont inconnus, plus ils seront utiles.

PYLADE

Allons; et si les noms d'Oreste et de sa sœur, Si l'indignation contre l'usurpateur, Le tombeau de ton père et l'aspect de sa cendre, Les dieux qui t'ont condui t, ne peuvent te défendre ; S'il faut qu'Oreste meure en ces lieux abhorrés, Je t'ai voué mes jours, ils te sont consacrés. Nous périrons unis; c'est l'espoir qui me reste. Pylade à tes côtés mourra digne d'Oreste.

ORESTE

Ciel! ne frappe que moi ; mais daigne, en ta pitié, Protéger son courage et servir l'amitié.

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