ELECTRE, ORESTE, PYLADE, PAMMÈNE
ELECTRE
Ah ! venez et joignez tous vos transports aux miens ; Unissez-vous à moi, chers amis de mon frère.
PYLADE, à Oreste.
Quoi ! vous avez trahi ce dangereux mystère ! Pouvez-vous ?...
ORESTE
Si le ciel veut se faire obéir, Qu'il me donne des lois que je puisse accomplir,
ELECTRE, à Pylade.
Quoi ! vous lui reprochez de finir ma misère ? Cruel ! par quelle loi, par quel ordre sévère, De mes persécuteurs prenant les sentiments, Dérobiez-vous Oreste à mes embrassements? A quoi m'exposiez-vous? Quelle rigueur étrange!...
PYLADE
Je voulais le sauver : qu'il vive, et qu'il vous venge !
PAMMÈNE.
Princesse, on vous observe en ces lieux détestés; On entend vos soupirs et vos pas sont comptés. Mes amis inconnus, et dont l'humble fortune Trompe de nos tyrans la recherche importune, Ont adoré leur maître : il était secondé ; Tout était prêt, madame, et tout est hasardé.
ELECTRE
Mais Égisthe en effet ne m'a-t-il pas livrée
A la main qu'il croyait de mon sang altérée ?
[A Oreste.) Mon sort h vos destins n'est-il pas asservi? Oui, vous êtes mon maître; Égisthe est obéi. Du barbare une fois la volonté m'est chère. Tout est ici pour nous.
PAMMÈNE.
Tout vous devient contraire.
Égisthe est alarmé, redoutez son transport : Ses soupçons, croyez-moi, sont un arrêt de mort. Séparons-nous.
PYLADE, à Pammène.
Va, cours, ami fidèle et sage; Rassemble tes amis, achève ton ouvrage.
Les moments nous sont chers; il est temps d'éclater.