‹ Théâtre completChapitre 563 sur 1720 · ELECTRE, ORESTE, PYLADE, PAMMÈNE · texte numérisé non relu

ELECTRE, ORESTE, PYLADE, PAMMÈNE

ELECTRE

Ah ! venez et joignez tous vos transports aux miens ; Unissez-vous à moi, chers amis de mon frère.

PYLADE, à Oreste.

Quoi ! vous avez trahi ce dangereux mystère ! Pouvez-vous ?...

ORESTE

Si le ciel veut se faire obéir, Qu'il me donne des lois que je puisse accomplir,

ELECTRE, à Pylade.

Quoi ! vous lui reprochez de finir ma misère ? Cruel ! par quelle loi, par quel ordre sévère, De mes persécuteurs prenant les sentiments, Dérobiez-vous Oreste à mes embrassements? A quoi m'exposiez-vous? Quelle rigueur étrange!...

PYLADE

Je voulais le sauver : qu'il vive, et qu'il vous venge !

PAMMÈNE.

Princesse, on vous observe en ces lieux détestés; On entend vos soupirs et vos pas sont comptés. Mes amis inconnus, et dont l'humble fortune Trompe de nos tyrans la recherche importune, Ont adoré leur maître : il était secondé ; Tout était prêt, madame, et tout est hasardé.

ELECTRE

Mais Égisthe en effet ne m'a-t-il pas livrée

A la main qu'il croyait de mon sang altérée ?

[A Oreste.) Mon sort h vos destins n'est-il pas asservi? Oui, vous êtes mon maître; Égisthe est obéi. Du barbare une fois la volonté m'est chère. Tout est ici pour nous.

PAMMÈNE.

Tout vous devient contraire.

Égisthe est alarmé, redoutez son transport : Ses soupçons, croyez-moi, sont un arrêt de mort. Séparons-nous.

PYLADE, à Pammène.

Va, cours, ami fidèle et sage; Rassemble tes amis, achève ton ouvrage.

Les moments nous sont chers; il est temps d'éclater.

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