‹ Théâtre completChapitre 581 sur 1720 · AURÉLIE, CATILINA · texte numérisé non relu

AURÉLIE, CATILINA

AURÉLIE

Ah ! calmez les horreurs dont je suis poursuivie, . Cher époux, essuyez les larmes d'Aurélie. Quel trouble, quel spectacle et quel réveil affreux ! Je vous suis en tremblant sous cesanurs ténébreux. Ces soldats que je vois redoublent mes alarmes. On porte en mon palais des flambeaux et des armes ! Qui peut nous menacer ? Les jours de Marius, De Carbon, de Sylla, sont-ils donc revenus ? De ce front si terrible éclaircissez les ombres. Vous détournez de moi des yeux tristes et sombres. Au nom de tant d'amour et par ces nœuds secrets Qui joignent nos destins, nos cœurs, nos intérêts, Au nom de notre fils, dont l'enfance est si chère (Je ne vous parle point des dangers de sa mère,

Qu'en tout son intérêt s'accorde avec le mien. Croyez, quand il verra qu'avec lui je partage De mes justes projets le premier avantage, Qu'il sera trop heureux d'abjurer devant moi Les superbes tyrans dont il reçut la loi. Je vous ouvre à tous deux, et vous devez m'en croire, Une source éternelle et d'honneur et de gloire.

AURÉLIE

La gloire est bien douteuse et le péril certain. Que voulez-vous? pourquoi forcer votre destin? Ne vous suffit-il pas, dans la paix, dans la guerre, D'être un des souverains sous qui tremble la terre? Pour tomber de plus haut, où voulez-vous monter? Les noirs pressentiments viennent m'épouvanter. J'ai trop chéri le joug où je me suis soumise. Voilà donc cette paix que je m'étais promise, Ce repos de l'amour que mon cœur a cherché! Les dieux m'en ont punie et me l'ont arraché, [res, Dès qu'un léger sommeil vient fermer mes paupiè-

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