SCÈNE IV
CATILINA, AURÉLIE; MARTIAN, l'un des conjurés.
MARTIAN
Seigneur, Cicéron vient près de ce lieu fatal. Par son ordre bientôt le sénat se rassemble : Il vous mande en secret.
AURÉLIE
Catilina, je tremble A cet ordre subit, à ce funeste nom.
CATILINA
Mon épouse trembler au nom de Cicéron!
Que Nonnius séduit le craigne et le révère, Qu'il déshonore ainsi son rang, son caractère; Qu'il serve, il en est digne et je plains son erreur: Mais de vos sentiments j'attends plus de grandeur. Allez, souvenez-vous que vos nobles ancêtres [très. Choisissaient autrement leurs consuls et leurs maî- Quoi ! vous, femme et Romaine et du sang d'un Né- Vous seriez sans orgueil et sans ambition? [ron, Il en faut aux grands cœurs.
AURÉLIE
Tu crois le mien timide; La seule cruauté te paraît intrépide.
Tu m'oses reprocher d'avoir tremblé pour toi. Le consul va paraître; adieu, mais connais-moi: Apprends que cette épouse à tes lois trop soumise, Que tu devais aimer, que ta fierté méprise, Qui ne peut te changer, qui ne peut t'attendrir, Plus Romaine que toi, peut t'apprendre à mourir.
Que de chagrins divers il faut que je dévore! Cicéron que je vois est moins à craindre encore.