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SCÈNE IV

CATILINA, CÉÏHÉGUS, affranchis, LENTULUS SURA.

SURA

Est-ce Catilina que nous venons d'entendre? N'es-tu de Nonnius que le timide gendre? Esclave d'une femme et d'un seul mot troublé, Ce grand cœur s'est rendu sitôt qu'elle a parlé.

CÉTHÉGUS

Non, tune peux changer; ton génie invincible, Animé par l'obstacle, en sera plus terrible. Sans ressource à Préneste, accusés au sénat. Nous pourrions être encor les maîtres de l'État : Nous le ferions trembler, même dans les supplices Nous avons trop d'amis, trop d'illustres complice-, Un parti trop puissant, pour ne pas éclater.

SURA

Mais avant le signal on peut nous arrêter. C'est lorsque dans la nuit le sénat se sépare Que le parti s'assemble et que tout se déclare. Que faire?

CÉTHÉGUS, à Catilina.

Tu te tais et tu frémis d'effroi?

CATILINA

Oui, je frémis du coup que mon sort veut de moi.

SURA

J'attends peu d'Aurélie; et, dans ce jour funeste, Vendre cher notre vie est tout ce qui nous reste,

CATILINA

Je compte les moments et j'observe les lieux,

Aurélie, en flattant ce vieillard odieux,

En le baignant de pleurs, en lui demandant grâce,

Suspendra pour un temps sa course et sa menace.

Cicéron, que j'alarme, est ailleurs arrêté.

C'en est assez, amis, tout est en sûreté.

Qu'on transporte soudain les armes nécessaires:

Armez tout, affranchis, esclaves et sicaires; Débarrassez l'amas de ces lieux souterrains, Et qu'il en reste encore assez pour mes desseins. Vous, fidèle affranchi, brave et prudent Septime, Et vous, cher Martian, qu'un même zèle anime, observez Aurélie, observez Nonnius :

Allez; et dans l'instant qu'ils ne se verront plus, Abordez-le en secret de la part de sa fille; Peignez-lui son danger, celui de sa famille; Attirez-le en parlant vers ce détour obscur Qui conduit au chemin de Tibur et d'Anxur: Là, saisissant tous deux le moment favorable, Vous.... Ciel! que vois-je?

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